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Repas de fêtes : comment bien en profiter sans lendemains difficiles ?

Les repas de fêtes c’est du bonheur, mais parfois les lendemains sont difficiles :«crise de foie», «gueule de bois» et troubles digestifs ne sont pas vraiment agréables à vivre et l’on aimerait mieux garder de meilleurs souvenirs de ces moments délicieux.
Voici donc quelques conseils pour des repas festifs tout aussi savoureux mais faciles à digérer !

Pour mieux comprendre ce qui se passe dans votre corps.
Sachez que pour qu’un repas de fêtes soit bien digéré, il faut éviter les excès de graisses car ce sont surtout elles qui entraînent des effets secondaires (beaucoup plus que le sucre). D’une part, en excès, elles sont souvent mal digérées (risque de diarrhée dans les 2 heures qui suivent), d’autres part elles ralentissent le temps de séjour gastrique (il est quasiment doublé et passe de 2 à 3 heures voire 4 à 5 heures) et donc elles procurent une sensation de digestion lente et laborieuse. Par ailleurs, leur quantité excessive dans le sang provoque une forte somnolence. Il faut donc éviter de les cumuler lors d’un repas.


Commençons par les apéritifs :
Ils sont incontournables car ils augurent des festivités : le plus souvent on y propose des toasts de saumon fumé, un peu de foie gras, des petites saucisses cocktail, des cacahuètes, des chips et, il faut bien le reconnaître, toutes ces gourmandises sont assez grasses. Le surimi et les tomates cerise font de temps à autre une apparition mais leur succès est bien moindre.
Bref, manger gras en apéritif est une bien mauvaise idée car on commence le repas en étant quasiment saturé(e) alors que la suite sera assez conséquente.

Alors, voici un petit conseil : picorez sans vous jeter goulûment sur les toasts. Savourez mais ne soyez pas déjà rassasié(e) avant même d’avoir commencé le repas.

Si vous êtes invité(e), prenez juste ce qu’il faut pour ne pas être étourdi(e) par l’alcool de la coupe de champagne.
Si vous invitez, pensez à prévoir des apéritifs gourmands et variés : toasts avec une fine tranche de foie gras, toasts avec du saumon fumé, petites tomate cerise, petites feuilles d’endives fourrées au roquefort.

 

Continuons avec les entrées :
Prévoyez pour vos convives une entrée digeste et peu grasse car ensuite le fromage et la bûche sont des incontournables. Donc, pour garder vos invités en bonne forme durant tout le repas, proposez leur une entrée vitaminée, riche en oligoéléments et légère. L’idéal sont les fruits de mer : huîtres, bulots, bigorneaux, crevettes et crustacés, voire langouste et homard (mais plus chers). Les préférer aux escargots qui sont très gras.

Quant au foie gras, certains aiment à le proposer en entrée. Pourquoi pas, mais dans ce cas, cuisinez léger sur le restant du repas et évitez les sauces et le fromage.

 


Pour le plat de résistance :
Les idées foisonnent. Il y a les inconditionnels de la dinde aux marrons et ceux qui préfèrent cuisiner avec un peu plus d’originalité : gigot, tajines, gambas grillées… et leurs accompagnements exotiques. C’est le moment de se lancer dans une recette originale. Là aussi, il faut avoir une vision globale du repas. On peut se permettre un plat mitonné et en sauce si, par ailleurs, entrées et desserts sont relativement légers.

Quant à l’alcool servi, restez raisonnable. Il faut savoir que pour ne pas dépasser un taux d’alcoolémie de 0,5 g/l dans le sang, il ne faudrait pas prendre plus d’un ou deux verres de vin au repas, après avoir pris une coupe de champagne en entrée. Donc, tout au long du repas, savourez votre verre de vin et surtout évitez de le finir dès l’entrée, car tout verre vide aspire à être rempli ! Tout ceci est très important à respecter si vous devez ensuite prendre le volant.

Un petit conseil : buvez d’abord de l’eau pour étancher votre soif. Ainsi, en étant bien désaltéré(e), vous aurez plus de facilité à savourer votre vin à petite gorgée et à faire en sorte de limiter le nombre de verres consommés au repas. Donc, n’oubliez pas de mettre de l’eau sur la table et 2 verres par convive !


Bon à savoir sur l’alcool.


- Chaque dose de 10 g d’alcool pur élève le taux d’alcoolémie de 0,20 g/ l.
- Il suffit donc de boire 2 à 3 doses pour arriver et même dépasser 0,50 g/l d’alcoolémie. A partir de 0,20 g/l d’alcoolémie les réactions ne sont plus les mêmes et à partir de 0,5 g/l d’alcoolémie il est interdit de conduire, sous peine de sanctions.
- Cela correspond à 1 flûte de champagne et 1 à 2 verres de vin à table.
- Il faut 1 heure pour baisser son alcoolémie de 0,10 g/l. Ainsi il faut attendre 4 à 5 heures pour qu’une alcoolémie de 0,5 g/l disparaisse, et pouvoir donc prendre le volant.
- Une dose de 10 g d’alcool pur est apportée (au choix) par un petit ballon de vin, un demi de bière (250 ml), une flûte de champagne, un petit verre de porto, une toute petite dose de whisky ou de pastis. Attention, les quantités servies à la maison sont souvent plus importantes que celles qui sont servies dans les bistrots et qui sont réglementaires.
- Boire en étant à jeun, provoque un pic d’alcoolémie au bout d’une heure. Avec un repas, ce pic apparaît une heure plus tard. Le pic reste néanmoins le même. Il est faux de penser que le sucre amoindrit les effets de l’alcool. Les quantités d’alcool qui passent dans le sang sont les mêmes.

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, consommez avec modération.


Pour le dessert :
Si vous avez prévu une bûche et que le repas a été relativement conséquent, le fromage ne sera peut être plus le bienvenu, car les invités risquent de commencer à ressentir quelques « lourdeurs » gastriques. Mais vous pouvez toujours le leur proposer.

Pour la bûche, achetez plutôt les versions allégées aux mousses de fruits plutôt que les bûches à la crème au beurre !

En réalité la bûche est surtout très prisée des enfants. Les adultes préfèrent souvent un dessert plus original, encore que les pâtissiers rivalisent d’imagination pour nous concocter de magnifiques gâteaux.

Il ne reste plus qu’à conclure par un petit café … ou une tisane, et à digérer tranquillement. Sachez qu’il faudra au moins 6 heures pour que le repas quitte l’estomac et se prépare à un long travail de digestion.

Pendant ce temps, reposez vous et évitez de prendre le volant car la somnolence est maximale dans les 2 heures qui suivent un repas, surtout s’il a été gras (et n’oublions pas l’effet de l’alcool).


Quelques calculs caloriques qui font réfléchir :
Prenons trois exemples de repas festifs qui montrent que l’addition calorique grimpe vite.

Loïc est gourmand ; il a vraiment envie de manger du lourd et du classique à Noël, car il aime cela. Il commencera par quelques apéritifs et une coupe de champagne. En entrée, il prendra une belle tranche de foie gras sur toast grillé et un verre de Sauternes. En plat principal, il mangera de la dinde aux marrons et prendra du vacherin et du pain frais en dessert. Il conclura par une belle et grosse tranche de bûche au chocolat. Il continuera son repas au champagne (1 à 2 verres).

Le bilan calorique du repas de Loïc, le voici : 1600 kcal, soit 70 % des calories dont il a besoin dans la journée. Il a doublé le montant des calories habituelles qu’il devrait consommer à un repas ! 30 % de ces calories sont dues à l’alcool Loïc a mangé l’équivalent de 5 à 6 petites plaquettes de beurre (de 10 g chacune) et de 4 à 5 morceaux de sucre, et bu beaucoup trop d’alcool. Il a donc fait un repas beaucoup trop gras et trop calorique. Il faudrait qu’il boive moins d’alcool : une coupe de champagne, un petit verre de Sauternes pour accompagner le foie gras et un fond de coupe de champagne pendant le dîner suffiront amplement.  Ayant pris du foie gras en entrée, il n’aurait pas fallu qu’il prenne du fromage en dessert, ou alors très peu.

Valentine adore les Saint Jacques. Elle ne prendra pas d’apéritif ou très peu. Elle prendra bien une coupe de champagne. En entrée, elle souhaiterait manger un toast de saumon fumé et un toast de foie gras. Ensuite, elle se ferait bien des Saint Jacques juste poêlées servies avec une salade verte, puis du pain et du fromage et enfin une part de bûche glacée aux marrons. Elle n’est pas trop attirée par l’alcool à table. Elle préfère une eau pétillante.
Le bilan calorique du repas de Valentine est plus raisonnable que celui de Loïc : 1100 kcal, soit 500 kcal de moins. Cette économie est essentiellement liée à la moindre consommation d’alcool (compter une moyenne de 150 kcal par verre). Pour une femme, cet apport est encore trop calorique, car un repas suffisant apporte environ 800 kcal. Mais, ne soyons pas rabat joie, c’est Noël !

Anna est une originale. Elle a horreur des conventions et pour elle, Noël c’est très peu de foie gras, une douzaine d’ huîtres, un peu de risotto, des tomates confites et un tiramisu léger. Elle a surtout des racines italiennes et même à Noël, elles s’expriment. Elle prendra juste un verre de lambrusco et continuera avec une eau pétillante, italienne bien sûr. Le bilan calorique d’Anna est le plus bas de tous, avec un peu moins de 1000 kcal.

De tout cela que peut on conclure ?

1 – Que les hommes ont souvent la main plus lourde sur la bouteille (de vin) que les femmes.
2 – Que le foie gras est décidément le roi des repas de fêtes et qu’il serait sans doute plus sain pour la santé de penser aux fruits de mer, mais qu’après tout tant que l’on reste raisonnable … !
3 – Que les grands absents sont, comme d’habitude, les légumes et les fruits.
4 – Que la bûche de Noël est une délicieuse manière d’achever ses amis à table et qu’il serait bienvenu de la revisiter d’une manière plus originale et légère. D’ailleurs les pâtissiers s’y mettent !


Quelques idées reçues sur les aliments et repas de fêtes.

Le champagne, les alcools, le chocolat ou la crise de foie sont souvent sujets à bon nombre d’idées reçues et voilà donc l’occasion de faire le point sur certaines d’entre elles.

Le champagne est moins alcoolisé que le vin.
Faux. Car le champagne est un vin blanc. Il contient même un peu plus d’alcool que le vin blanc car il a subi une double fermentation. Il titre entre 12 et 13°C et une petite flûte apporte environ 15 g d’alcool pur et 100 à 150 kcal.

L’apéritif, c’est surtout pour éviter de sentir les effets de  l’alcool.
Vrai et faux. Il est un fait que manger ralentit la diffusion de l’alcool dans l’organisme (à jeun, elle se fait très vite à travers la muqueuse gastrique) mais même si l’on mange, la quantité d’alcool sera la même dans le sang. Donc, l’apéritif ne doit pas être prétexte à boire plus que de raison. L’apéritif a aussi pour fonction de préparer l’organisme au repas qui suit.  Il stimule la sécrétion des enzymes digestives et excite l’appétit. Il faut donc trouver le juste milieu : ni trop, ni trop peu !

Il ne faut pas manger des crustacés quand on a trop de cholestérol.
Faux. Les fruits de mer et en particulier les crustacés ne contiennent pas ou très peu de cholestérol et par ailleurs, ils sont tous très pauvres en lipides (même les huîtres dites grasses qui ne doivent leur aspect laiteux qu’à une abondante quantité de glycogène en période de reproduction). La seule contre-indication à la consommation de fruits de mer est le régime sans sel sévère (ce qui est rare !).

Le chocolat donne des crises de foie.
Faux. En fait, la crise de foie n’existe pas. Les douleurs que l’on ressent sous les côtes à droite, sont surtout dues aux contractions de la vésicule biliaire pour évacuer la production importante de bile nécessaire à la digestion des graisses consommées pendant le repas. Donc, quand on mange trop gras, on sent comme une lourdeur du côté du foie mais le foie se porte très bien ! Du bouillon et des repas plus légers feront l’affaire pour se sentir beaucoup mieux !

Le digestif en fin de repas, cela aide à digérer.
Faux. Un prétexte de plus que certains n’hésitent pas à utiliser pour se convaincre de terminer par un petit ballon.

Boire de l’eau pendant le repas, ce n’est pas très bon pour bien digérer.
Perdu ! L’eau n’interfère en rien avec le processus de digestion, en tout cas sûrement pas à avec les 2 à 3 verres d’eau que l’on peut être amené à boire à table.

Ceci dit : JOYEUSES FÊTES À TOUS et régalez vous bien !






Dossier écrit par le Dr Laurence Plumey

Médecin nutritionniste et consultant pour Mutuelle Bleue
dans le cadre du programme « Passeport pour la santé ».


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