Prevention

Peut-on prévenir le cancer du sein ?

Son incidence a augmenté de 138 % entre 1980 et 2005 : le cancer du sein est aujourd’hui le cancer féminin le plus fréquent. Peut-on inverser la tendance en adoptant de nouveaux comportements ?

Mutuelle Bleue- Peut-on prévenir le cancer du sein

Contrairement à d’autres cancers comme celui du poumon, les facteurs de risques liés à l’environnement dans le développement des tumeurs mammaires ne sont pas très clairement identifiés. Il existe toutefois de nombreuses pistes convergentes : l’alimentation, le contrôle du poids et l’activité physique jouent un véritable rôle dans la prévention des cancers du sein et la lutte contre la récidive.

Ainsi, les femmes asiatiques développent moins de cancers du sein que les femmes occidentales. « Mais lorsqu’elles émigrent, après deux ou trois générations, l’incidence du cancer du sein dans cette population devient la même que les autres femmes du pays », explique Bernard Asselain, épidémiologiste à l’Institut Curie. Preuve qu’au-delà des gènes, l’environnement semble bien jouer un rôle.

L’alimentation figure parmi les facteurs importants.
« Plutôt que de recommander un régime précis qui n’aurait pas de sens, insistons sur le fait qu’il est important d’avoir une alimentation saine et équilibrée », détaille le Dr Hélène Sancho-Garnier, responsable du Centre de lutte contre le cancer de Montpellier, Epidor.

En effet, c’est le contrôle du poids qui est important : le surpoids et l’obésité constituent un facteur de risque clair de cancer du sein après la ménopause. On ne connait pas le mécanisme exact d’influence mais le surpoids change vraisemblablement l’équilibre hormonal, qui influerait lui-même sur le risque de développer un cancer. De même, cette alimentation équilibrée aide à lutter contre la récidive après un cancer du sein.

Pas d’indication particulière quant au choix des aliments, mis à part quelques grandes lignes : les légumes riches en folates (légumes à feuilles) et les aliments tels que les graines de lin (qui contiennent certains types de phytoestrogènes) semblent jouer un rôle positif contre le cancer du sein, tandis que les aliments qui contiennent des acides gras (pâtes toutes prêtes, viennoiseries) seraient associés à une augmentation du risque. « Ce qu’il faut retenir, c’est l’importance de mener une véritable politique d’éducation à la santé, souligne l’épidémiologiste Bernard Asselain. On sait que les femmes dans les situations les plus précaires sont aussi les plus touchées par les problèmes d’obésité. Or, elles sont aussi les plus difficiles à toucher dans le cadre d’une campagne de santé. »


L’activité physique joue également un rôle positif dans la lutte contre le cancer ou contre la récidive, indépendamment de la lutte contre le surpoids.
« Nul besoin de pratiquer un sport de façon intensive, note Emmanuelle Fourme, médecin épidémiologiste à l’Institut Curie. Il peut s’agir d’une activité modérée comme la marche active par exemple. L’important, c’est que cette pratique soit régulière, plusieurs fois par semaine. » Pour tenir sur le long terme, il faut donc choisir une activité qui plaise et qui s’intègre facilement dans l’emploi du temps : quelques longueurs de piscine sur l’heure du déjeuner, rentrer à pied quand il ne pleut pas, courir le long du canal avant de dîner… Les options ne manquent pas !


Quelques autres facteurs de risque peuvent également être considérés.
•    Les compléments alimentaires sont à prendre avec beaucoup de précautions, même si aucune étude n’a, pour l’heure, prouvé formellement de lien vers le cancer du sein. La preuve a en revanche été faite en ce qui concerne le cancer du poumon : des compléments alimentaires à base de bêtacarotène pris en grande quantité augmentent de façon nette le risque de cancer. « Dans nos pays, l’alimentation classique est suffisamment riche en vitamines et en oligo-élément, souligne le Dr Sancho-Garnier. Nous n’avons généralement pas besoin de compléments alimentaires. »

•    Les traitements hormonaux substitutifs de la ménopause (THS) ont également été montrés du doigt suite à des études américaines qui montraient un lien entre THS et augmentation du risque de cancer du sein. A nuancer toutefois : cela dépend du type d’hormone prescrit (la France n’utilise pas les mêmes que les Etats-Unis, par exemple). Toutefois, suite à cette mauvaise publicité, les THS ont été moins prescrits en France, ou à des doses plus faibles, « et l’incidence du cancer du sein a commencé à baisser », conclut le Dr Sancho-Garnier.

Reste une question : le traitement a-t-il réellement déclenché un cancer ou n’a-t-il fait qu’accélérer l’apparition d’une tumeur qui serait de toute façon survenue ? Quoi qu’il en soit, sachez que les risques diminuent progressivement après l’arrêt du traitement.


Dossier écrit par l'Institut Curie
Partenaire de  Mutuelle Bleue dans le cadre du programme « Passeport pour la santé ».


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