Prevention

Le cancer colorectal : on peut l’éviter !

Ce cancer est redoutable car il est profond et non détectable par la palpation. Il est souvent « silencieux » et se manifeste quand il est évolué. C’est pourquoi la prévention par le dépistage joue un rôle majeur et sauve bien des vies.

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Un cancer trop fréquent, à partir de 50 ans.

Statistiquement, avec 40.000 nouveaux cas dépistés par an, le cancer colorectal est le 3ème cancer le plus fréquent après le cancer de la prostate (71.000 nouveaux cas) et le cancer du sein (50.000 nouveaux cas).Il touche principalement les individus de plus de 50 ans (94 % des cas observés). On estime que 60 à 80 % des cancers colorectaux sont issus d’une lésion initialement bénigne de type polype qui présente un risque de transformation maligne après une longue période d’évolution (environ 10 ans).

C’est pourquoi le cancer colorectal fait partie des priorités de dépistage dans le cadre du Plan Anti Cancer décidé sur la période 2009 – 2013.


Le Test Hémoccult II.

Depuis 2009, le Programme National de dépistage du cancer colorectal s’adresse aux personnes de 50 à 74 ans, sans antécédents particuliers, soit une population de 17 millions de personnes. Il leur a été proposé de réaliser gratuitement, et tous les deux ans, le test Hémoccult II qui consiste à rechercher la présence de sang dans les selles.

Si le test est positif, le sujet doit alors subir une coloscopie. Ceci a permis de diminuer de 15 à 20% la mortalité par ce type de cancer et de diagnostiquer 13.500 cancers colorectaux.  Il faut savoir que, dépisté précocement, le taux de survie à 5 ans est de 95%.


 En pratique : vous allez voir votre médecin traitant et si vous correspondez aux critères du Test, il vous le délivrera pour que vous le réalisiez chez vous. Le test consiste à prélever sur trois selles consécutives, un petit fragment de la taille d'une lentille ou d'un grain de riz (en deux endroits différents de la selle) qu'il faut déposer sur une plaquette. Cette plaquette est ensuite envoyée à un centre d'analyses qui transmet alors les résultats à la personne, à la structure de gestion et au médecin généraliste.

•    En cas de test négatif (pas de présence de sang - ce qui est le cas dans 97 à 98 % des cas), la personne est invitée à renouveler le test deux ans plus tard. Elle est également sensibilisée aux signes d'alerte qui doivent la conduire à consulter son médecin traitant sans attendre ce délai de 2 ans ;

•    Dans le cas où le test est positif (2 à 3 % des cas), le médecin généraliste prescrit une coloscopie pour confirmer ou infirmer la suspicion de lésion cancéreuse. La coloscopie est le moyen le plus fiable pour diagnostiquer un polype ou un cancer, mais n'est proposée d'emblée qu'aux personnes à risque élevé ou très élevé.


Comment agir, en fonction des cas personnels ?

Si le test de l’Hémoccult II a montré son efficacité à l’échelle de la population, il est certain toutefois qu’il faut savoir adapter les moyens d’exploration au cas personnel de chacun :

- Si vous n’avez aucun signe clinique d’alerte, que vous vous sentez en bonne santé, que vous n’avez pas d’antécédents familiaux de cancer du colon ou de polypose du colon, et que vous avez plus de 50 ans, il est vivement conseillé de répondre à la proposition de la Caisse d’Assurance Maladie de réaliser le Test Hémoccult II que vous donnera votre médecin. En fonction des résultats, il y aura ou pas, une coloscopie.

- Si vous présentez des signes cliniques d’alerte parmi les signes suivants :un transit qui est devenu irrégulier, une constipation qui s’est récemment installée, des douleurs abdominales récurrentes, un filet de sang dans les selles, des selles noires, un amaigrissement et/ou une fatigue inexpliqués – dans ce cas, ne les sous estimez pas et consultez votre médecin sans attendre. La réalisation d’emblée d’une coloscopie permettra de confirmer ou d’infirmer la suspicion de lésion cancéreuse.

- Si dans votre famille proche (parents, par exemple) il y a eu un cas de cancer colorectal ou de polypose colique, signalez le aussi à votre médecin afin de réaliser une coloscopie, même si vous avez moins de 50 ans et que vous n’avez aucun signe d’alerte. Il y a un risque de prédisposition génétique.

Mais il faut savoir aussi que tous les polypes ou cancers ne saignent pas à leur début et que dans ce cas le Test est faussement négatif. C’est la raison pour laquelle nous vous encourageons à consulter votre médecin au moindre signe anormal ou au moindre doute par rapport à vos antécédents personnels et familiaux.

En conclusion, répondez aux tests de dépistage que vous propose l’Assurance Maladie. Rien qu’avec l’Hémoccult II, 13.500 cancers colorectaux ont été diagnostiqués !


Les conseils d’alimentation et de rythme de vie pour diminuer les risques de cancer en général, et du colon en particulier.

1. Evitez l’alcool ! C’est un puissant cancérigène, surtout pour les cancers de la bouche, de l’œsophage, de l’estomac et du foie ! Plus l’alcool est fort, plus il est agressif pour les muqueuses intestinales (alcools à plus de 40°). En règle générale, ne pas dépasser un à deux verres de vin par jour,

2.  Ayez une alimentation riche en légumes et en fruits. Ils sont riches en fibres, en vitamines et en anti-oxydants. Mangez en 5 fois par jour,  soit par exemple : une part de crudités, une part de légumes cuits, un fruit frais, un jus de fruit et une compote,

3. Evitez de consommer très régulièrement les produits fumés et très salés, comme le saumon fumé, le jambon fumé, le hareng fumé…,

4. Evitez les cuissons à la flamme et ne mangez pas les parties carbonisées de la viande ou des saucisses,

5. Evitez de vous laisser envahir par le stress. Trouvez des occasions de bien vous détendre et de vous relaxer,

6. Ayez un sommeil de qualité, en veillant à dormir au moins 7 heures par nuit,

7. Pratiquez régulièrement une activité physique. Même si elle est modérée comme une simple marche de 30 mn tous les jours, cela compte,

8. Soyez à l’écoute de votre corps, pour réagir vite. Ne sous estimez pas les signaux qu’il vous lance (fatigue, transit irrégulier, douleurs …).

Pour en savoir plus : www.e-cancer.fr. Il s’agit du site de l’Institut National du Cancer. Vous y trouverez de nombreuses informations sur la prévention, le dépistage du cancer colorectal et d’autres cancers.








Dossier écrit par le Dr Laurence Plumey

Médecin nutritionniste et consultant pour Mutuelle Bleue
dans le cadre du programme « Passeport pour la santé ».


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