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Ostéoporose : au moins 3 millions de femmes sont concernées !

L’ostéoporose est une maladie caractérisée par une fragilité excessive du squelette. L’acquisition du capital osseux pendant la croissance ainsi que la perte osseuse sont déterminées par des facteurs génétiques, nutritionnels et environnementaux. Consultez notre dossier du mois pour prévenir les risques d’ostéoporose.

Ostéoporose : au moins 3 millions de femmes sont concernées

Un problème très féminin

L’ostéoporose concerne plus souvent les femmes que les hommes (ratio de 7 femmes pour un homme) car la qualité de la minéralisation osseuse est très influencée par le niveau de sécrétion des oestrogènes. C’est pourquoi, l’ostéoporose se manifeste surtout chez les femmes ménopausées et au-delà.

Si l’on regarde les statistiques, on constate que l’ostéoporose représente un véritable problème de santé chez les femmes puisqu’elle concerne 10 % des femmes de plus de 50 ans et 40 % des femmes âgées de 75 ans. Soit quasiment, une femme âgée sur deux.

C’est donc un problème qu’il ne faut pas sous estimer, car le danger de l’ostéoporose réside dans le risque de fractures : en 2000, on avait dénombré 40.000 fractures du col du fémur, 40.000 tassements vertébraux, 65.000 fractures du poignet d’origine ostéoporotique et en 2050, on estime que ces chiffres auront triplé.


Pourquoi développe t’on une ostéoporose ?

L’ostéoporose est une pathologie caractérisée par une raréfaction de la trame osseuse. Ce n’est pas une simple décalcification mais un processus complet d’appauvrissement de la matrice protéique osseuse, donc de la totalité de l’os.

Il faut savoir que les os sont constitués d’un support composé de protéines sur lequel viennent se fixer des cristaux qui donnent ainsi à l’ensemble sa solidité. Cette matrice de l’os évolue avec l’âge car l’os est un organe vivant !

- De la naissance à 20 ans, les os capitalisent du calcium pour assurer la croissance et la solidité osseuse de l’enfant puis de l’adolescent.
- A l’âge adulte, cet équilibre est stable c’est à dire que les os fixent et perdent chaque jour la même quantité de calcium.
- En revanche, au moment de la ménopause et donc à la suite de l’arrêt de sécrétion des hormones sexuelles par les ovaires, l’os perd chaque jour plus de calcium qu’il n’en fixe. Le bilan devient donc négatif et l’os se fragile globalement : c’est le déclenchement du processus ostéoporotique qui ne fera que s’aggraver au fil des ans.

Quelques chiffres : à partir de la ménopause, l’os perd environ 3 % de sa masse minérale osseuse par an. Ainsi, une femme qui aura été ménopausée à 50 ans, aura à l’âge de 70 ans une perte de 60 % de sa masse minérale osseuse. Ce qui explique que le risque de fracture soit élevé.


Les femmes ne sont pas toutes égales devant le risque ostéoporotique

En effet, l’influence génétique joue beaucoup (environ 70 % de la capacité à avoir des os solides ou pas).  C’est un facteur qui se transmet de génération en génération. Ne dit-on pas que dans la famille on a toujours eu une ossature fragile ou solide ? C’est le bon sens de l’observation ! Si l’on pousse la réflexion plus loin, on constate qu’il y a surtout une corrélation mère-fille et père-fils.

Mais il n’y pas que les gênes, l’environnement et l’existence de nombreux paramètres conditionnent également la solidité de l’os.

- Les hormones sexuelles : plus la femme aura longtemps été exposée à l’activité de ses hormones sexuelles, plus longtemps elle aura maintenu une activité minéralisante de ses os. Ainsi, une ménopause tardive (après 50 ans) est un facteur de protection. A contrario les femmes ayant eu une ménopause précoce vers l’âge de 40 ans sont plus exposées à l’ostéoporose et ses risques fracturaires : 70 % d’entre elles auront une ostéoporose à
70 ans contre 40 % de celles qui ont eu une ménopause à 50 ans et plus.

- La vitamine D : elle stimule la fixation du calcium sur les os. Il est donc important d’avoir un bon statut en vitamine D. Les femmes qui sortent peu, qui vivent dans des pays peu ensoleillés et qui consomment chroniquement peu d’aliments riches en vitamine D (les poissons gras, par exemple) présentent un risque de manque de vitamine D tout au long de l’année et donc de fragilisation osseuse.

- Le calcium : c’est un composant majeur de l’os. Nous en avons un kilo dans le corps, localisé dans les os. Or, à la naissance, le nourrisson n’en a que 30g, c’est dire l’importance du capital calcique que l’enfant puis l’adolescent va constituer en 20 ans grâce aux produits laitiers qu’il va consommer. Il devra ensuite entretenir ce capital tout au long de sa vie en consommant suffisamment de produits laitiers. Si ce n’est pas le cas, l’os se fragilise !

– L’activité physique : elle joue un rôle important car la pression mécanique liée à la pesanteur et à la force de traction musculaire rendent l’os plus dense, plus compact et donc plus solide. La sédentarité est d’ailleurs bien connue pour être, entre autres, un facteur de risque d’ostéoporose, tout comme l’immobilisation prolongée.

En conclusion, une femme bénéficiant d’une hérédité favorable, étant active, consommant suffisamment de produits laitiers et profitant souvent des bienfaits du soleil (avec protection solaire selon les contextes) a beaucoup plus de chances d’avoir des os solides et peu d’ostéoporose qu’une femme qui fait l’inverse …. et ceci durant toute sa vie car le capital santé ne se créé pas du jour au lendemain !


Comment savoir si l’on a de l’ostéoporose ou pas ?

On évalue la densité minérale osseuse (la DMO) grâce à un examen qui s’appelle l’ostéodensitométrie. C’est un examen sans douleur qui, à la manière d’une photographie, renseigne et évalue cette DMO.

Le rhumatologue sait alors ce qu’il en est et prend les dispositions nécessaires. En cas de faible DMO, et selon le contexte, il peut décider de prescrire un médicament qui stimule la synthèse osseuse et freine la déminéralisation.  Il donnera également des conseils nutritionnels et d’hygiène de vie.


Les bons conseils pour prévenir et limiter l’évolution de l’ostéoporose

Quels que soient les résultats de l’ostéodensitométrie, dans tous les cas il est important d’appliquer les conseils suivants :
 
- Veiller à avoir des apports calciques suffisants grâce à la consommation régulière de produits laitiers et/ou d’eaux calciques (pour plus d’information à ce sujet consultez notre actualité « Le calcium et ses petits secrets »).

- Augmenter ses apports de vitamine D par la consommation régulière de poissons gras (saumon, sardines, maquereaux, harengs – au moins 2 fois par semaine) et de laitages enrichis en vitamine D (yaourts, fromages blancs, certains laits).

 - En hiver, parler avec son médecin du problème de la vitamine D. Ainsi, il peut être amené à vous prescrire de la vitamine D en ampoule (à renouveler tous les 3 mois) car on sait que durant cette période de faible ensoleillement, 70 % des Français ont des taux sanguins de vitamine D effondrés. Le manque de vitamine D entraîne fatigue, douleurs ostéo-articulaires et musculaires. De plus, il déminéralise les os.

- Et bien évidemment, pratiquer régulièrement sports et activités physiques en plein air, pour profiter le plus possible des rayons du soleil (en été, il faudra prévoir une crème solaire).

A savoir : 15 mn d’exposition au soleil suffisent au corps pour fabriquer la dose quotidienne de vitamine D et partir 3 semaines au soleil en été permet de faire une réserve de vitamine D pour 6 mois.








Dossier écrit par le Dr Laurence Plumey

Médecin nutritionniste et consultant pour Mutuelle Bleue
dans le cadre du programme « Passeport pour la santé ».


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